Notre manière de voir par Matthieu Chéreau le 07/03/08 à 01h20 avec 2 commentaires
J'ai enfin lu "Keep it simple, stupid". Le plus intéressant à mon sens se trouve à la fin, et c'est peut-être par cela qu'Andrew Park (l'auteur de l'article) aurait du commencer, s'il avait été un tantinet plus ambitieux. C'est d'ailleurs plutôt inhabituel de lire des articles aussi paresseux dans Wired. Mais passons, et embrayons sur cette citation de Don Norman, consultant chez Microsoft :
" Complexity is a necessary product of the modern age. When you actually sit down and analyse what you need to get the job done, it's not simplicity".
Faut-il, comme s'interroge le bon Andrew Park, s'adapter ou se montrer idéaliste et persister dans l'idée que la simplicité doit primer à tout prix ? Le fait est qu'Andrew n'a rien compris, et que là n'est pas la question. Il s'agit plutôt de savoir de quelle idéologie on part pour composer au jour le jour avec cette réalité prétendument compliquée.
Une idéologie désigne un ensemble plus ou moins systématisé d'idées, d'opinions, de croyances, qui influencent le comportement individuel ou collectif. Selon la définition marxiste de l'idéologie, l'idéologie est la représentation de la « réalité », propre à une classe sociale.
Pour Microsoft, la réalité est complexe, par conséquent les outils pour l'opérer le mieux possible se doivent également d'être complexes. Pour 37signals en revanche, le monde est rendu bien plus complexe encore qu'il ne l'est par des mots, des usages, des méthodes qui empêchent un rapport simple et direct aux choses. Ce monde, ils le refusent en effet, partant du principe qu'il faut proposer d'autres outils, qui induisent un autre rapport au monde.
Le monde n'est pas un résultat donné, fixe et objectif. C'est la manière dont on le voit, dont on l'opère qui en conditionne l'image et la forme. Pour régler un problème ou faire face à une situation critique, j'essaye le plus souvent de changer ma manière de voir. Je pars du principe que le problème est simple, et qu'il est possible de le résoudre en conséquence simplement. Le simple fait de me mettre dans cette disposition m'aide à trouver une solution.
Ce que nous avons compris, c'est que la vision du monde qu'on nous sert est saturée par des signes, des méthodes, des outils auxquels nous n'adhérons pas, qui nous déplaisent et que nous n'avons pas choisi. Le monde n'est rien d'autre qu'une représentation. Nous avons choisi la notre, que nous voulons simple. Ça n'est pas de l'idéalisme mais, bien au contraire, du pragmatisme.

